Recherche

Accueil du site / Sites naturels / Rosières / Les marais de Rosières

Situation et historique

- Description du site
Les marais sont composés de plusieurs milieux distincts :
> Une grande étendue d’eau (l’étang du Grand Cortil),
> Plusieurs anciens bassins de pisciculture de taille moyenne,
> La rivière (La Lasne),
> Une aulnaie marécageuse,
> Un bois humide de noisetiers,
> Des prairies de pâture,
> Des broussailles ayant supplanté la prairie de fauche

JPEG - 87.8 ko
Pleupleraie (iris pseudacories)

- Les marais de Rosières se situent bien entendu sur l’ancienne commune de Rosières, à l’extrémité sud du village et au nord du bois de Mérode. Ces marais sont arrosés par la Lasne qui étend encore de nos jours, non calanisée, ses méandres dans la vallée. Avant que l’homme n’exploite le fonds des vallées, ceux-ci étaient peuplés d’une faune et d’une flore diversifiées vivant dans des forêts marécageuses où poussaient des aulnes glutineux, des saules, des peupliers noirs, des trembles, quelques chênes.
Mais à partir du Moyen-âge, on se mit à défricher et à "assainir" les marais, considérés comme "insalubres" et habritant des êtres maléfiques. On en fit alors des prairies de fauche destinées à alimenter le bétail en hiver.
Il n’y a pas si longtemps, au début du 20ème siècle, ces prairies gardaient toujours ce même usage depuis des siècles, mais petit à petit, les nouveaux lotissements sur les flancs de la vallée remplacèrent les petites exploitations agricoles. Les prairies furent alors laissées à l’abandon et rapidement la recolonisation du site par des espèces ligneuses pionnières fit son oeuvre.
En certains endroits de la vallée, après l’abandon des prairies de fauche, de nombreux plans d’eau ont été créés pour les besoins de la pisciculture, comme c’est le cas dans les marais de Rosières pour l’étang du Grand Cortil et les autres.
Les piscicultures ont à leur tour fermé et on peut à présent assister à l’aterrissement des étangs, dont l’un d’entre eux s’est complètement asséché.

- L’étang du Grand Cortil

JPEG - 78.3 ko
Étang du Grand Cortil
JPEG - 59.9 ko
Étang du Grand Cortil envahi par la végétation

L’étang du Grand Cortil, encore appelé Grand Etang est une vaste pièce d’eau d’un peu plus d’un hectare bordée de roselières. L’étang se situe en propriété privée mais on peut aisément observer les berges depuis le chemin du moulin qui le longe sur son extrémité nord-ouest.
Les problèmes rencontrés par l’étang sont l’eutrophisation causée par les coulées de boue riches en engrais dévalant la pente du champ tout proche ainsi que l’envahissement des berges par la renouée du Japon (Polygonum causpidatum), réel fléau pour les espaces naturels.

- L’avifaune :
Le canard colvert, le foulque macroule et la gallinule poule d’eau sont les oiseaux les plus fréquents en hiver, très facilement repérables sur l’étang. Bien souvent, à moins que l’étang ne soit gelé, on peut également observer un couple de cygnes tuberculés, l’un ou l’autre grand cormoran (souvent perché sur les arbres morts de la presqu’île, se séchant les ailes après avoir pêché un poisson), un héron cendré à l’affût, un martin–pêcheur d’Europe survolant l’étang avant de se poser sur une branche, des ouettes d’Egypte se reposant sur la presqu’île, régulièrement les râles d’eau émettent leur cri typique de cochon qu’on égorge. Il y a également une tadorne de Casarca qui s’est sédentarisée sur le site, probablement échappée d’un élevage. En hiver, il est déjà arrivé qu’un butor étoilé soit de passage (il se confond aisément avec les roseaux et est donc difficilement observabe), également l’hiver on peut voir des sarcelles d’hiver.
En été viennent nicher quelques couples de fuligules morillons et milouins et on peut également y observer l’un ou l’autre grèbe huppé, parfois des bernaches du Canada erratiques.
Dans la roselière cerclant l’étang on entend les chants de la Rousserolle effarvatte, abondante sur le site.

- Les anciens bassins de pisciculture
Ce sont des bassins peu profonds et cerclés par des digues, les massettes et les carex y abondent. Malheureusement, ces bassins sont en cours d’aterrissement car ils ne sont plus curés, et sans l’approvisionnement d’eau par le ruisseau du château, ceux-ci seraient rapidement asséchés.
Les bassins sont bordés de haies de saules qui habritent de nombreux oiseaux. Ces bassins sont également en propriété privée.

- La Lasne
La Lasne est une rivière qui prend sa source à Plancenoit, sur le territoire de Lasne, elle est renforcée par l’Argentine qui prend sa source à Waterloo. Les deux rivières confluent dans la réserve naturelle du “confluent” gérée par la LRBPO.
Au niveau des marais de Rosières, cette rivière abrite une famille de castors récemment réintroduits au printemps 2001. Ceux-ci sont considérés comme de vrais gestionnaires de la rivière, ils élaguent les berges permettant ainsi à la lumière de pénétrer sur les rives et dans la rivière, ce qui permet d’accroître la biodiversité. De plus, ces castors régulent les crues par la construction de retenues d’eau sur les rivières en édifiant des barrages de branchages et de boue. De tels barrages sont inexistants à Rixensart.

- L’aulnaie marécageuse
L’aulnaie marécageuse est un biotope impénétrable, comme l’est la forêt vierge en Amazonie, c’est un milieu qui s’est fortement raréfié en Belgique, il est très proche de l’ancestrale forêt primaire marécageuse. On peut y appercevoir une buse variable perchée sur une branche ou encore un pic noir occupé à déchiqueter les nombreux arbres morts sur pied, sans oublier, en hiver, les nombreuses bandes de tarins des aulnes qui portent bien leur nom.

- Le bois humide de noisetier
Lieu de prédilection de l’écureuil vers la fin de l’été, ce bois touffu abrite également des bécasses des bois.

- Les prairies de pâture
Deux prairies de pâture ont supplanté les prairies de fauche, l’une nourrit quelques vaches laitières et l’autre un trio d’équidés (un cheval, un poney et un shetland).
On peut souvent observer dans l’herbe grasse des troupes de gallinules poule d’eau ou un couple d’ouettes d’Egypte au gagnage, ou encore un pic vert sondant le sol à la recherche de fourmis et autres invertébrés.

- Les broussailles
Les broussailles abritent une multitude d’espèces florales comme la salicaire,..., qui à leur tour abritent une faune variée.
Le chevreuil est facilement observable, bien qu’il soit impitoyablement chassé sur le site, de nombreux faisans de chasse et lapins de garenne s’y ébattent gaiement en dehors de la saison de chasse...

Julien Taymans
novembre 2008