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Prairie début mai
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Bétoine en fleur

Les différents milieux rencontrés dans la prairie du Carpu :

- La pelouse acidophile
Cette végétation herbacée est bien différente des pelouses rases que l’on retrouve dans la plupart des jardins ! Ici, elle est très diversifiée car l’homme n’y a jamais répandu d’engrais ou pesticides, ni labouré le sol. La végétation est spontanée (rien n’a été planté ou semé !) et adaptée à ce milieu qui est devenu exceptionnel en Brabant. Le micro-relief assez mouvementé et la présence de sol nu est typique de la pelouse acidophile. Son entretien est simple : il suffit d’un débroussaillage par an, en hiver. On peut y observer des plantes telles que l’orchis tacheté, la bétoine, la tormentille, l’épervière en ombelles, et c’est le lieu de prédilection des papillons.

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Dactylorhiza maculata (Orchis tacheté)

- La prairie de fauche humide
Cette végétation herbacée est dense et dominée par des graminées. Cette prairie était jadis destinée à la production de foin pour le bétail et son entretien consistait en une ou deux fauches par an, en juillet et septembre, avec exportation du foin, ce que nous répétons lors de nos journées de gestion. On y observe des plantes telles que la houlque laineuse, la salicaire, le cirse maraîcher et des animaux tels que le rat des moissons, la grande sauterelle...

- La mare
Creusée au début des années ’90, la mare a été rapidement colonisée par la végétation aquatique (la lentille d’eau, le rubanier) et une myriade d’animaux (tritons, grenouille verte, demoiselles et libellules). Elle est alimentée pour l’eau des sources jaillissant au bas de la Grande Bruyère.

- La prairie à molinie Cette végétation tout à fait exceptionnelle en Brabant se développe sur les sols pauvres humides en hiver et secs en été. On y trouve des plantes comme la molinie bleue, la succise des prés, l’orchis tacheté et de nombreux animaux, comme le lézard vivipare, peu courant en Brabant. Une petite tourbière à sphaignes s’y est développée, ce qui est tout à fait unique dans la région.

- La mégaphorbiaie
Cette végétation exubérante est dominée par des plantes herbacées de grande taille et à feuilles larges comme la grande berce, le liseron des haies, le galéopsis ou l’ortie. Elle pousse sur des sols riches et frais et est le domaine des syrphes et des papillons dont les chenilles se nourrissent d’ortie (paon du jour, petite tortue,…)

- La zone restaurée
Cette zone, qui s’était reboisée naturellement depuis plus de 30 ans, a été restaurée par déboisement durant l’hiver 2006-2007 et on peut y observer la réapparition des espèces présentes jadis telles que les laîches et joncs, le populage des marais et la reine des prés.

- L’aulnaie marécageuse
Ce petit bois peut être considéré comme une relique des grandes forêts de fond de vallée qui occupaient la région avant que l’homme ne s’y installe. L’aulne glutineux est le seul arbre bien adapté aux sols gorgés d’eau et pauvres en oxygène. L’abondance de bois mort et de vieux arbres en fait le paradis des pics et des insectes xylophages.

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Les égouts se déversant dans la réserve naturelle...

- L’égout
Quelle drôle d’idée, un égout dans une réserve naturelle… Et oui, malheureusement, tout le quartier résidentiel en amont de la réserve déverse encore ses eaux usées nauséabondes directement dans le ruisseau, qui se jette en aval dans la Lasne. Lors des orages, le débit gonfle et détruit les berges. La prairie est alors régulièrement polluée par les eaux qui débordent. La commune nous a promis le placement d’un collecteur pour 2008… ! NDLR : Voir la page des travaux

- Les arbres têtards
Jadis, les saules étaient taillés régulièrement (tous les 2 à 15 ans) pour la production de matériau pour la vannerie, de fascines pour consolider les berges ou encore de bois de chauffe. Taillés à environ 2m de haut, pour éviter la dent du bétail, ceux-ci développaient une grosse boursouflure, ressemblant à une tête, d’où leur nom. Les vieux arbres se crevassent et deviennent alors des sites de nidification intéressants par exemple pour la chouette chevêche. Parfois, ce sont même d’autres arbres qui y prennent racine !

- La haie Les haies servaient jadis à délimiter les parcelles et à contenir le bétail. De plus, elle sont une source intéressante de bois de chauffe. Elles accueillent une faune et une flore diversifiées et permettent d’améliorer le maillage écologique. La haie du Carpu, plantée à la fin des années ’80, est composée de diverses essences indigènes telles que le charme, le merisier, le saule, la viorne et le noisetier.

- La pâture
Cette partie de la prairie comporte une flore plus commune car le sol y est enrichi en éléments nutritifs (azote et phosphore) en raison des débordements de l’égout. Le pâturage occasionnel par des poneys permet de maintenir une structure de la végétation hétérogène, ce qui est bénéfique à nombre d’insectes.

Julien Taymans
novembre 2008