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Accueil du site / Sites naturels / Rixensart / Les landes à bruyères de Rixensart
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Floraison de la Callune - Photo Julien Taymans

Le plus bel ensemble de landes à bruyère subsistant de nos jours dans notre commune et même en Brabant wallon est sans conteste celui de la Grande Bruyère de Rixensart. Celle-ci, d’une superficie d’environ 7 hectares, a été étudiée par les biologistes depuis le début du 20ème siècle. C’est le seul site subsistant actuellement où il est possible d’observer la panoplie complète des milieux (semi-)naturels du Brabant. En descendant le versant, on parcourt une lande à bruyère, des pelouses sur sable, une chênaie-boulaie, des suintements de pente acides et neutres, une nardaie, une prairie à molinie, une aulnaie marécageuse, des mégaphorbiaies, des prairies de fauche humides, des plans d’eau et ruisseaux,…

La plupart de ces milieux sont très rares et même exceptionnels en Brabant. En 2006, on y a recensé plus de 249 espèces végétales supérieures dont 24 d’un grand intérêt biologique. La gestion actuellement mise en place par le PCDN vise à favoriser la lande à bruyère par des déboisements et du débroussaillage. Malheureusement, la partie centrale de la Grande Bruyère est toujours menacée par un projet immobilier et c’est pourquoi la Commune a lancé un Plan Communal d’Aménagement afin de protéger le site. Ces quelques lambeaux de landes sont en effet tout ce qu’il subsiste du passé rural révolu de notre commune et sont à considérer comme un patrimoine naturel, social, culturel et historique local et régional de très grande valeur.

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La Grande Bruyère en hiver - Photo Françoise Leleux

Mais que sont ces fameuses bruyères dont on parle tant ? Le terme « bruyère » était jadis utilisé pour nommer ces terres incultes, au sol sableux trop pauvre, sec et acide que pour être cultivé intensivement. Ces terrains étaient bien souvent communs, c’est-à-dire que les villageois y menaient leurs troupeaux de moutons et de chèvres. On y ramassait du bois de chauffage, la végétation était fauchée pour servir d’appoint de fourrage au bétail lors des longs hivers et parfois même on y pratiquait, le temps d’une saison, quelque maigre culture de seigle ou d’épeautre après avoir incendié la bruyère. L’ensemble de ces pratiques traditionnelles ancestrales ont permis de maintenir durant des siècles le caractère ouvert du milieu en empêchant la recolonisation forestière et en favorisant une végétation de lande. Cette végétation, à l’aspect typiquement moutonné, est dominée par une espèce végétale : la callune. Cette plante, que l’on désigne également communément par le terme « bruyère », est un petit arbrisseau ramifié qui peut atteindre un demi-mètre de haut. Ses petites feuilles sont persistantes et sa floraison égaie la lande d’un rose éclatant à la fin de l’été. Elle peut vivre plus de 40 ans et a de grandes qualités mellifères. D’autres plantes se rencontrent également au sein des colonies de callune, comme la molinie bleue, la canche flexueuse, la fétuque des brebis et la petite oseille. Les zones de sable nu qui parsèment la lande sont quant à elles occupées par des pelouses rases, souvent entretenues par les lapins, et qui recèlent de nombreuses plantes rares telles que la canche précoce ou la jasione des montagnes. De telles pelouses sont également présentes à la sablière de Rosières. La faune de la lande est également très riche. On y observe des espèces rares telles que la coccinelle des bruyères, la mygale atype ou encore le lézard vivipare.

L’histoire des bruyères à Rixensart

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La vallée de la Lasne dans les années 1930

Comme dans l’ensemble du Brabant, les landes à bruyère étaient jusqu’il y a peu fort répandues à Rixensart, comme en attestent les anciennes cartes, cartes postales et nombreux toponymes, parfois oubliés, tels que « Grande Bruyère », « Bruyère des Tombes », « Bruyère Brûlée », « Bruyère à la Croix »,… Mais dès le milieu du 19ème siècle, les landes furent plantées de Pin sylvestre pour alimenter l’industrie papetière et les charbonnages, alors que les activités humaines traditionnelles, qui étaient à l’origine des landes, commençaient à disparaître. Au 20ème siècle, les nombreux lotissements portèrent le coup de grâce aux grandes étendues de landes qui se sont réduites actuellement à de maigres lambeaux. On en retrouve encore dans les clairières du Bois de Rixensart et dans quelques jardins au sein de lotissements comme au bord de l’avenue Léopold, de l’avenue du Fond Marie Monseu ou du sentier du Bois Moué.

Julien Taymans
novembre 2008