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Accueil du site / Jardins naturels / Flore / Invasives / Les renouées asiatiques, véritables pestes végétales...

Importées d’Asie Orientale, les renouées ont été introduites en Belgique à la fin du 19ème siècle pour leurs qualités ornementale, fourragère et fixatrice du sol. Il existe en fait 3 types de renouées dites invasives en Wallonie : la renouée du Japon, la renouée de Sakhaline et leur hybride, regroupées sous le vocable adéquat de « renouées asiatiques ».






















Toutes sont des plantes herbacées pérennes pouvant atteindre 3 mètres de hauteur, dont les tiges robustes portent, à l’aisselle des feuilles, des panicules de petites fleurs blanches et qui comportent un important réseau de rhizomes souterrains (2/3 du volume de la plante), lignifiés, par lequel s’effectue une intense multiplication végétative, leur principal mode de reproduction dans nos contrées :
• Les activités humaines constituent une des causes principales de dissémination de la plante. Les engins agricoles, forestiers ou de travaux peuvent déplacer des terres ou autres matériaux contenant des fragments de rhizomes qui s’implantent alors sur les sites vierges.
• Le transport par l’eau des fragments de tiges ou de rhizomes, emportés lors des crues par exemple, est un autre mode de dispersion de la plante.

C’est ainsi qu’on retrouve fréquemment des renouées près des ponts, des routes, à proximité des cours d’eau ou sur des terrains remaniés. Comme il est toujours utile de le rappeler, sachez que les déchets verts, les gravats, les décharges sauvages laissés au fil de l’eau, au bord des routes ou au détour des chemins sont également des voies de dissémination potentielles pour ces plantes...

La liste des conséquences environnementales liées à leur présence dans la nature pourrait être longue, en voici quelques exemples :
• Les renouées asiatiques sont, à l’instar de la plupart des espèces exotiques envahissantes (EEE), des espèces très opportunistes. Elles connaissent une croissance et un développement très rapide, leur conférant assez tôt en saison un important couvert végétal. Débarquées de l’autre bout du monde, elles ne sont en outre la proie d’aucun prédateur (quelques gastéropodes peut-être). Pour toutes ces raisons, une fois implantées, les renouées vont exercer une compétition implacable vis-à-vis des autres espèces végétales en place. Ceci à plus fortes raisons qu’elles sont capables de libérer dans le milieu des substances qui modifient les conditions physico-chimiques du sol, pour leur propre convenance et pour nécroser les racines des plantes concurrentes.
• Les renouées qui se développent en bord de cours d’eau ont tendance à former des populations monospécifiques ; or, même si la plante est pérenne, ses parties aériennes meurent en fin de période végétative, laissant ainsi les berges des cours d’eau nues, sans protection pendant la saison des hautes eaux et donc plus exposées aux processus d’érosion, voire d’inondation. Ces vastes massifs bloquent en outre la régénération de la ripisylve qui ne peut plus assurer ses fonctions naturelles (auto-épuration, stabilisation, …).

On peut encore citer leur effet de banalisation du paysage ou les possibles conséquences en termes de fragilisation des infrastructures (pont, bitume, …), d’obstruction à la visibilité routière et de gêne pour les activités sylvicoles ou agricoles.

Les renouées asiatiques ont donc des incidences environnementales non négligeables pouvant profondément perturber le fonctionnement des écosystèmes. On comprend donc qu’il est pressant d’agir … ou pas ; ou en tous cas pas n’importe comment et pas n’importe où.







La Lasne à Rixensart, que faire ?






















Mieux vaut prévenir que guérir

Il s’agit de loin de la méthode la plus efficace et la moins coûteuse pour lutter contre le développement des renouées asiatiques et autres EEE de manière générale. En effet, bien que spontanément l’idée soit de vouloir traiter les sites déjà très envahis il est préférable, dans un premier temps, de mettre en œuvre quelques principes préventifs simples permettant d’éviter la propagation des plantes déjà en place ou l’arrivée de nouvelles.

• L’information et la sensibilisation peuvent permettre d’y contribuer pour une grande part ;
• Une bonne connaissance cartographique de la situation est nécessaire afin de disposer d’une vue globale de la situation, de localiser les secteurs vierges à préserver et d’affecter un ordre de priorité aux différents sites envahis.
• le couple détection et intervention précoce peut également s’avérer extrêmement pertinent en cas de nouvelle infestation d’un site jusqu’alors épargné (arrachage manuel précoce, bâchage, …).

Pour l’heure, il faut savoir qu’il n’existe pas de moyen d’éradication définitive des renouées asiatiques. En effet, elles comptent parmi les plantes exotiques envahissantes les plus difficiles à gérer. La gestion est longue, souvent coûteuse et peut présenter un risque élevé de dispersion de fragments de rhizomes, sans pour autant être efficace à 100 %. Par conséquent, il est important de juger de la nécessité de gérer une population. Il peut être préférable parfois de ne pas y toucher et donc d’éviter de perturber le sol contaminé.

Sur Rixensart, c’est le cas entre autres de la population située le long de l’Argentine et de la Lasne à l’arrière de la rue de Limalsart. Le développement de cette population (et de ses rhizomes) est telle qu’il n’est plus envisageable de procéder à son retrait sans coût prohibitif et/ou dommages démesurés à l’environnement.

De manière plus générale, si une intervention s’avère toutefois nécessaire, plusieurs méthodes de gestion existent avec leurs avantages et leurs inconvénients. Un cas n’est pas l’autre et avant intervention, une analyse fine de la situation est indispensable.

N’hésitez donc pas à nous contacter :
• PCDN de Rixensart (02 634 35 55 ou via pcdn@rixensart.be )
• Contrat de rivière Dyle-Gette (081 24 00 40)
pour des conseils personnalisés.



-> Cet article est une courte synthèse d’un article plus complet publié dans la lettre d’information n°29 du Contrat de rivière Dyle-Gette

juin 2018