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Accueil du site / Jardins naturels / Faune / Le hérisson, un allié du jardin

Le hérisson est assez fréquent dans notre région. Et pourtant, vous ne l’avez peut-être pas souvent rencontré, si ce n’est lorsqu’une voiture l’a aplati comme une carpette sur une de nos routes.

mai 2006

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C’est qu’il est un animal discret et souvent solitaire. Il dort la plus grande partie de la journée et se met en quête de nourriture lorsque la nuit tombe. A cela s’ajoute une longue période d’hibernation qui le met à l’abri de la famine lorsque le froid venu, ses proies habituelles disparaissent. Sa température corporelle descend alors vers cinq degrés Celsius. Son cœur et sa respiration sont vingt fois moins rapides ; il vit au ralenti, sur les réserves qu’il a emmagasinées fin de l’été.

C’est un animal facile à reconnaître. Comme tout mammifère, il a le corps couvert de poils mais il est le seul en Belgique dont les poils du dos sont groupés en piquants durs. En se mettant “en boule”, il se présente à des ennemis potentiels sous l’aspect d’une pelote dangereuse à mordre. Son instinct le pousse à utiliser cette méthode chaque fois qu’il se sent menacé, au lieu de s’enfuir. On connaît le résultat lorsque l’ennemi est une voiture. C’est sa principale cause de mortalité.

Il recherche comme habitat les zones où le tapis végétal est important. On le trouve donc dans les forêts peu denses, les bocages et même en ville, dans les parcs et les jardins ; il évite les zones trop humides, les grands espaces cultivés et les forêts de conifères.

La femelle porte en moyenne quatre à cinq petits ; elle s’en occupe seule. Elle dispose de plusieurs nids et elle les déménage de l’un à l’autre au moindre danger. Les piquants des jeunes ne posent pas de problème à la naissance car ils sont encore mous ; ils durciront en quelques jours. Une femelle peut avoir une deuxième portée, mais ces jeunes ne passeront pas l’hiver s’ils n’ont pas le temps de s’engraisser suffisamment avant d’hiberner. Si vous mettez à découvert un nid de jeunes, surtout ne les touchez pas. La mère s’en occupera.

Le hérisson a la réputation de se déplacer lentement sur ses courtes pattes. On a cependant pu le chronométrer à du quatre kilomètres à l’heure. C’est un mammifère assez primitif ; ses hémisphères cérébraux sont petits ; par contre, ses lobes olfactifs très gros lui assurent un odorat très développé. Son ouïe est bonne mais sa vue assez faible. Il ne défend pas un territoire bien délimité. Chaque nuit, il parcourt plusieurs hectares en passant éventuellement de jardin en jardin, à la recherche de ses mets préférés : limaces, petits escargots, insectes, vers de terre, petits œufs et couvées d’oiseaux nichant au sol , animaux morts et fruits tombés par terre. Il regagne ensuite un de ses nids. Il se laisse nourrir facilement ; il apprécie spécialement un bol de lait mais celui-ci peut lui procurer de la diarrhée ; donnez -lui plutôt de l’eau et des restes de repas. Le hérisson est omnivore.

Ces dernières saisons très humides ont été favorables à la pullulation des limaces, hélas pour notre potager et nos parterres fleuris. Le hérisson se montre ici notre ami car il est très friand de limaces. Mal lui en prend si nous avons voulu nous débarrasser de celles-ci en leur proposant des produits toxiques. Notre hérisson meurt empoisonné pour avoir consommé ces limaces. Nous avons ainsi tué un de nos protecteurs naturels.

Que faire alors pour se débarrasser des limaces ? Certains ont eu de bons résultats en les attirant dans des récipients semi-enterrés et contenant de la bière dans laquelle elles se noient. D’autres leur proposent des granulés bleus toxiques au fond de bouteilles à assez large goulot, posées horizontalement sur le sol. Les limaces intoxiquées y meurent. Contre les limaces, il existe un produit non dangereux : "Escar-Go". Les granulés combinent du phosphate de fer naturellement présent dans le sol avec un appât pour les limaces qui s’en gavent, se retirent dans leur abri et meurent. Ces granules verdâtres ne causent pas la mort des hérissons comme le font les granules bleus. Une bonne façon de s’en défaire est de les chasser manuellement. Cela demande un peu de patience mais rapidement on a de bons résultats car les limaces se rassemblent sous certaines plantes qui ne sont pas souvent celles qu’elles mangent mais qui leur assurent suffisamment d’humidité. Il suffit de repérer ces endroits pour les y trouver. Quand on en trouve une, il y en a souvent d’autres dans les environs.

À l’approche de l’hiver, les hérissons cherchent un abri pour y construire leur nid d’hibernation : broussailles, fourré de ronces, terrier de lapin, tas de feuilles ou compost, trou dans un vieil arbre, ... Il y amasse des feuilles mortes qu’il compacte autour de lui pour s’y trouver à l’abri du froid. La meilleure façon de protéger les hérissons est de leur assurer des gîtes pour hiberner car les gîtes naturels sont rares dans nos jardins trop propres. On peut placer une boite en bois d’environ vingt-cinq centimètres de côté recouverte d’une feuille imperméable sous des branches ou des feuilles mortes, sous le compost. La boite sera isolée du sol par des branchettes. La voie d’accès aura quinze centimètres de diamètre. On peut aussi aménager un trou dans un tas de bûches.

La quantité d’animaux nuisibles à l’agriculture que le hérisson détruit est telle que l’Arrêté de l’Exécutif wallon du 30 mars 1983 le protège intégralement.

Janine Rondelet
Membre du PCDN