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Accueil du site / Jardins naturels / Flore / Choisir une haie pour son jardin, pas si simple !

Envie de diversifier les haies vertes un peu monotones et de planter de nouvelles variétés dans votre jardin ?

Voilà un projet qui nécessite une réflexion préalable. C’est le moment d’y penser, car celles-ci doivent être plantées entre novembre et mars. Malheureusement toutes les plantes vendues dans les centres de jardinage ne font pas bon ménage avec la biodiversité.

- Des espèces à éviter…

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Buddlea de David

Certaines, telles que le Buddleia de David (arbre à papillons), sont dites « invasives » ou encore « exotiques envahissantes ». Ces espèces ont été introduites chez nous de façon volontaire ou accidentelle. Elles se développent de manière anarchique, au détriment d’autres espèces indigènes. Une fois installées dans votre jardin, il devient très difficile de s’en débarrasser.
« Le Buddleia attire les papillons, donc il est bien d’en planter dans son jardin ? » Pas si sûr ! Certaines espèces de lépidoptères se nourrissent effectivement du nectar des fleurs de Buddleia. Mais d’autres papillons ont besoin d’espèces indigènes spécifiques qui sont repoussées par celui-ci. Planter un Buddleia contribue donc à appauvrir la flore et la faune de son jardin !

- Ou à bannir…

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Renouée du Japon

Il en va de même avec les bambous, les renouées du Japon ou autres plantes exotiques attirantes par leur végétation, mais envahissantes et dominantes. Une fois introduites dans votre jardin, vous aurez les pires difficultés à vous en débarrasser et vos voisins aussi ! Elles se propagent par stolons et par graines (jusqu’à 3 millions de graines...) que le vent disperse sur de grandes distances. Après l’arrachage, il ne faut surtout pas les composter, ni les déposer lors de la collecte de déchets verts, ni encore moins les jeter dans la nature,... La seule solution consiste à les faire sécher sur place puis à les brûler.

Les haies de lauriers cerise, troènes du Japon ou autres thuyas n’offrent aucun gîte à nos oiseaux en période de nidification. De plus, ce type de haie produit de gros volumes de déchets difficilement compostables qui nécessiteront de nombreux voyages au parc à containers.

- Les espèces à privilégier
Plutôt que des rangées de faux cyprès taillés en épée et peu estimés par nos insectes et petits mammifères, les Amis de la Terre(*), prônent la plantation de plants forestiers d’essences régionales : charme, prunellier, aubépine, noisetier, cornouiller, fusain.

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Le Réseau Éco-consommation de la Région wallonne (**), a édité une fiche sur « La haie » (Fiche conseil n° 43). On y suggère, notamment, d’y ajouter des plantes grimpantes et des lianes, telles que le chèvrefeuille, le houblon, la clématite des haies...
Sans oublier les espèces herbacées telles que l’alliaire, la ficaire fausse-renoncule, la benoîte commune, la moscatelline qui apparaîtront bien souvent spontanément.

De telles haies apportent nourriture et abri à tout un petit peuple d’oiseaux, d’insectes et de mammifères, très utiles au jardin et au potager.
Pour une haie plus fleurie, la viorne obier, l’églantier, le néflier se marient parfaitement avec des arbustes horticoles, tels que forsythia, spirées, prunus, weigélia, cotoneaster, ...

- Une aide financière
Sachez enfin que la Région wallonne (**) offre une aide financière pour la plantation et l’entretien des haies indigènes (via le service de la Direction Générale des Ressources Naturelles et de l’Environnement : DGRNE), mais uniquement pour des haies de 100 mètres au moins.

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Ficaire, fausse renoncule

- Diversité avant tout ! >Une réflexion importante s’impose donc avant de concevoir l’aménagement du fond du jardin, la création d’une haie fleurie ou encore la plantation d’une haie de grande taille.

Les enjeux écologiques sont plus importants qu’il n’y paraît. Retenons surtout que c’est en diversifiant les espèces indigènes que l’on préserve le mieux l’équilibre fragile de la nature. Bonnes plantations !

Françoise Leleux
membre du PCDN
octobre 2008

- Pour tous renseignements concernant la composition des haies champêtres, les espèces indigènes, la liste des espèces invasives ou exotiques à éviter, contactez l’Eco-conseillère, Anne Piron
tél. 02 654 16 50, anne.piron@publilink.be

- Brochures téléchargeables :
Province du Brabant wallon
Natagora

(*) Les Amis de la Terre (taper « haies » dans le moteur de recherche de la page d’accueil)

(**) Réseau Éco-cosommation de la Région wallonne (taper « haies » dans le moteur de recherche de la page d’accueil)