Recherche

Accueil du site / Jardins naturels / Flore / Gel et lauriers cerises

Avec le froid continu des dernières semaines, les Lauriers cerises (Prunus laurocerasus) et les espèces assimilées avec leur feuillage persistant, vont souffrir et peut-être en périr. Le Laurier cerise n’est pas intéressant pour nos espèces indigènes ; oiseaux, insectes…

Dans une haie de cinquante mètres et avec un peu de chance, il y aura un nid de Merle noir ou de Grive musicienne avec très peu de présence d’insecte. C’est vrai qu’il produit des fruits mais ceux-ci arrivent rarement à maturité, parce qu’ils sont taillés avant maturité. C’est peut-être heureux, comme cela on empêche leur prolifération. Après une dizaine d’années de croissance ces « arbres » seront dans la majorité des cas arrachés tellement leur taille est devenue imposante.

JPEG - 14.9 ko

Originaire d’Europe du sud et d’Asie mineure, ce buisson à feuillage persistant a commencé à se répandre en dehors des jardins. Il s’agit là d’une espèce en voie d’invasion biologique. Déjà les pouvoirs publics en Suisse, en Angleterre, en Amérique du nord ont débuté une surveillance et des campagnes d’informations sur cet arbuste qui colonise les forêts et qui, par son ombrage, nuit au développement des végétaux locaux. Autre propriété négative, les feuilles qui ressemblent à du plastique, se décomposent très mal dans le compost !

S’il venait à mourir, il est primordial de le remplacer par des arbustes indigènes : Sureau, Sorbiers, Aubépines, Troène, Groseillier, Framboisier… et cela en vos propriétés mais aussi dans celles de votre entourage. Évitez aussi de ne planter que des conifères, quelques exemplaires suffissent mais ne sont pas nécessaires.

JPEG - 31.3 ko
Photo Bruno Marchal

Avec la même longueur de haie vive indigène, possibilité pour le Troglodyte, le Merle, les Mésanges, les Fauvettes, le Rouge-gorge… d’y nicher en parfaite harmonie. Ne pas hésiter à mettre des Aubépines parce qu’avec leurs épines, elles empêchent la prédation par les chats domestiques sur les jeunes oiseaux.

À la bonne saison 2008, un de mes collègues m’apprend qu’il va planter avec son voisin une haie de Lauriers. Pourquoi a-t-il choisi cette espèce ? Et bien : "c’est la mode et tout le monde le fait". Il faut faire changer ce genre de réflexion, en profitant du moment présent où ces arbustes risquent de périr. Entre temps, ce collègue m’a promis que si ses jeunes Lauriers cerises venaient à mourir, il les remplacerait par une haie vive indigène. Il ne faut pas toujours beaucoup insister pour rallier les gens à la bonne cause. Quelques bons arguments suffissent.

Ne planter aucune espèce exotique. Merci, au nom de notre biodiversité. Faites passer ce message.

Bruno Marchal
Président asbl Plumalia
membre du PCDN
février 2009